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NJPW Wrestle Kingdom 9 : Hiroshi Tanahashi survit au Rainmaker

La New Japan Pro Wrestling lançait l’année 2015 par son grand show annuel Wrestle Kingdom 9 dans le Tokyo Dome devant 36 000 spectateurs. Pour la première fois en direct dans le monde, la fédération nippone pouvait donc montrer tous ses meilleurs atouts.

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La NJPW avec Jim Ross et Matt Striker aux commentaires, ça change forcément et ça nous apporte un regard nouveau, dû au partenariat avec la Global Force Wrestling de Jeff Jarrett. Ainsi déjà rien qu’en ayant les deux commentateurs anglophones les plus passionnés, le show est réussi.

Il reste quand même à combler les quatre heures avec le spectacle et cette fois c’est vraiment le in ring qui aura avant tout la palme car malgré un décor toujours énorme et la longue rampe, pas d’artifice spécial lors des entrées cette fois. Quatre équipes lancent les hostilités, les quatre incontournables depuis au moins un an et qui donc logiquement sont attablées ensemble. Kyle O’Reilly et Bobby Fish ont bousculé l’ordre établi en s’accaparant les titres Junior poids-lourd par équipe et bien malin qui pourra dire qui les battra.

Car ici face à leurs trois principaux adversaires, ils se font comme d’habitude discrets d’abord, laissant les Young Bucks démarrer le match à leur main puis les Forever Hooligans répliquer avec les clotheslines de Rocky Romero. les Time Splitters entrent ensuite en scène avec des sauts bien réglés et ainsi c’est à la fin que le travail des reDRagon s’enclenche pour le Chasing the Dragon victorieux. Implacables et inéluctables, les doubles champions par équipe de la ROH et de la NJPW annoncent déjà la couleur pour 2015.

Jeff Jarrett offre la victoire au trio Honma/Tenzan/Kojima

Le temps habituel des matchs à plusieurs impliquant des simples rivalités arrive. L’intérêt est forcément minime même si dans le deuxième match un évènement arrive pour le plus grand bonheur de la foule. Après que Jeff Jarrett ait malencontreusement explosé sa guitare sur la tête de Yujiro Takahashi, Tomoaki Honma, associé à Tenzan et Kojima, touche enfin sa cible avec le headbutt, et le perdant magnifique de 2014 commence 2015 par une victoire marquante.

Toru Yano en longue rivalité avec Takashi Iizuka a trouvé des alliés idéaux venus de la NOAH. Et comme au Japon on sait recevoir, le champion de la NOAH Naomichi Marufuji conclue le match par tombé sur Iizuka après un travail des Australiens Shane Haste et Mikey Nicolls. Dans ce match finalement très international, Lance Archer malgré un Chokeslam géant, Davey Boy Smith Jr et surtout Shelton Benjamin se sont montrés très discrets.

Le premier match simple est la conclusion d’une longue rivalité en parallèle de celle du match précédent. Minoru Suzuki et Kazushi Sakuraba ont décidé d’en finir dans le match qui leur convient le plus, avec des règles MMA n’autorisant que la soumission et le KO. Ces deux anciens du MMA japonais donnent beaucoup de rythme, les transitions sont fortes et l’ensemble est bien agréable et équilibré. Mis en difficulté, Suzuki tente de déstabiliser Sakuraba sur la rampe et a le dernier mot au milieu du ring avec le Rear Naked Choke. Le tout se finit en accolade et finalement sur une bonne note.

Togi Makabe devient champion NEVER Openweight

Avant la pause, un autre titre est en jeu, le NEVER Openweight détenu par Tomohiro Ishii qui se sera révélé sur le tard tout au long de l’année dernière. Et pour débuter une nouvelle année, il retrouve un contemporain qui a lui un palmarès bien solide derrière lui. Togi Makabe cherche encore des défis et surtout ici celui de la dureté. Ces deux catcheurs sont stiff avant tout et vont bien le montrer, se rendant souplesse pour souplesse pour le plus grand plaisir du public partagé entre ses deux favoris. Makabe a le dernier mot avec sa King Kong Knee Drop et devient le nouveau champion.

Comme d’habitude en milieu de show, le titre IWGP Junior poids-lourd est à l’honneur. Nouveau venu à la NJPW, le Canadien Kenny Omega a su déjà bien se placer. « The Cleaner » a rejoint le BULLET CLUB et se donne la garantie de suivre les traces de ses potes qui ont tous décroché au moins un titre. Et la règle sera bien respectée contre Ryusuke Taguchi qui était engagé depuis longtemps dans une rivalité avec le BULLET CLUB, à l’époque où son ancien pote Prince Devitt -devenu Finn Balor- était aux manettes. Le match se disopute sur un rythme inégal où le champion en titre subit énormément les foudres d’un Omega très méticuleux et démonstratif. Les Young Bucks l’aident, ce qui choque Jim Ross qui découvre que les interventions sont tout à fait autorisées au Japon. L’issue fait peu de doute et avec une fin rythmée, Kenny Omega conclue victorieusement son premier test à la NJPW et remet du baume au coeur du BULLET CLUB qui restait sur deux défaites dans cette soirée.

Le BULLET CLUB allégé de deux ceintures

Cette victoire d’Omega va avoir d’autant plus de valeur pour le clan international étant donné que dans le match suivant, Karl Anderson et Doc Gallows perdent les titres IWGP par équipe. Le duo pourtant en charmante compagnie tombe face à Hirooki Goto et Katsuyori Shibata, un couple qui aura joué beaucoup à je t’aime et je t’aime pas en 2014. Même au début avec un coup malencontreux on peut penser que l’histoire va se répéter pour les deux japonais. Mais ils reprennent vite leurs esprits et dominent de façon irrésistible des champions soudainement passés sous un rouleau compresseur. Et le Punt Kick de Shibata assomme Gallows pour solder le troisième changement de titre de la soirée.

Seul match de cette dernière partie sans titre en jeu mais de l’honneur à gagner entre AJ Styles et Tetsuya Naito. Sur les grandes scènes, Naito parvient à se sublimer et ce profil assez similaire à celui de Styles donne ainsi le change dans une bagarre rythmée et équilibrée. Pas de coup fourré et ainsi on a un quart d’heure propre. Même le Styles Clash toujours redouté se fait sans mal depuis la deuxième corde. AJ Styles est toujours présent et montre qu’il garde encore des ambitions dans une soirée négative pour son clan.

Ibushi échoue de peu face à Nakamura

Avec trois changements de titre sur quatre matchs, forcément Kota Ibushi peut rêver. Il passe un vrai test pour franchir un palier car à la NJPW, les hiérarchies sont claires. Les Junior poids-lourd jouent dans une cour différente de celle des poids-lourd. Prince Devitt avait tenté de casser cette barrière avec plus ou moins de succès et c’est cette fois Ibushi qui s’y tente face au maitre étalon Shinsuke Nakamura. Le titre IWGP Intercontinental est en jeu et on voit un Ibushi nouveau qui saisit sa chance en relevant le défi physique qu’il a même tendance à dominer.

Ainsi, c’est la surprise qui domine et on le voit même frapper le Boma Ye. Ibushi, de retour après une blessure qui lui aura pourri l’été 2014, donne ainsi le change pour le match de la soirée. Il pourrait presque se nommer aussi le « Show Stealer » tellement il accumule les bonnes performances même s’il est finalement trop court. Nakamura restait sur une défaite à Wrestle Kingdom mais reste cette année le roi tel qu’il est apparu lors de son entrée. Mais clairement Kota Ibushi mérite d’être revu avec les poids-lourd.

Hiroshi Tanahashi domine Kazuchika Okada

L’affrontement poids-lourd de référence actuellement reste celui entre Hiroshi Tanahashi et Kazuchika Okada. Les deux hommes se sont déjà beaucoup croisésdepuis trois ans pour le gros titre IWGP et voici le sixième chapitre. Mais là où des affrontements répétés entre les deux mêmes hommes lassent beaucoup à la WWE notamment, à la NJPW l’excitation reste toujours la même à chaque affrontement. C’est même le deuxième affrontement entre les deux hommes pour le titre à Wrestle Kingdom et il y a deux ans, Tanahashi avait battu Okada. Et rebelote cette fois à l’issue d’un match à l’histoire renouvelée de façon plus dramatique. Hiroshi Tanahashi n’a jamais délivré autant de High Fly Flow qu’ici, allant même en délivrer un superbe derrière les barrières.

Kazuchika Okada comme à l’habitude dominateur réussit à se relever des High Fly Flow et frappe son Rainmaker. Mais sensation, pour la toute première fois, un adversaire s’en relève. Il s’est passé quelque chose dans le rapport de forces et même avec des Dropkicks vertigineux qualifiés de « meilleurs du monde » par Jim Ross, la machine Okada coince vraiment pour la première fois face à son meilleur rival. Et c’est ainsi Que Tanahashi ne rate pas le deuxième service de High Fly Flow pour conserver son titre, plongeant Okada en larmes, une image qui fait mal.

Wrestle Kingdom a cette année voulu vraiment montrer son image in ring au monde et l’a bien fait sans artifice. Le WrestleMania du Japon a fait la part belle à l’expérience tout en accordant une prime à la jeunesse, Shibata décrochant son tout premier titre à la NJPW.

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