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WWE Payback : Ne tirons pas sur l’ambulance

Se lancer dans le visionnage d’un pay-per-view de la WWE ces temps-ci relève du courage. La WWE a beau posséder de bons éléments, elle écrit les pires shows de son histoire. Payback, le nouveau pay-per-view-qu’on-est-pas-sur-de-revoir-l’an-prochain était un peu dans la continuité, une bonne affiche mais un résultat pas loin d’être inintéressant.

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Pour vous rassurer dès le début, on est loin d’un mauvais pay-per-view. Le fait est que l’on ne pouvait s’attendre à mieux à la vue des évènements des dernières semaines. N’allons donc pas tirer sur l’ambulance. L’action était bel et bien au rendez-vous — oui même dans le match des divas — et il y avait de la surprise. Pas toujours bonne mais il y en avait et ça a dû en ravir certains.

La pire des surprises que l’on redoutait un peu depuis quelque temps c’est le retour annoncé de Rob Van Dam au prochain pay-per-view, Money In The Bank. A-t-on réellement besoin de lui ? Est-il encore capable de prouesses dignes de ses plus grandes heures ? Son passage récent à la TNA nous a clairement prouvé le contraire. C’est gênant, la WWE continue de toucher la corde sensible de la nostalgie chez les fans et ce n’est pas réellement plaisant, surtout quand c’est encore et toujours aux dépens d’autres superstars.

Seconde surprise : le match pour le titre Intercontinental. À la base, le match devait se dérouler entre le champion Wade Barrett, The Miz, éternel loser et Fandango, éternel gros naze. Mais ici encore une commotion est venue troubler les choses, obligeant la WWE à remplacer Fandango par Curtis Axel. En tant que remplaçant, personne ne pouvait imaginer que Curtis Axel remporterait la ceinture. Et pourtant, après un excellent match, le nouveau Paul Heyman Guy remporte le titre. Une bien belle façon de célébrer la fête des pères pour le fils de Mr Perfect.

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La troisième surprise concerne Dolph Ziggler et on ne sait pas comment la prendre. Est-ce la faute à cette sévère commotion cérébrale contractée il y a quelques semaines ? Est-ce la faute à une équipe créative pas maligne ? Ziggler défendait donc sa ceinture de champion du monde poids lourd contre un Alberto Del Rio qui semblait déjà de nouveau heel, insistant pendant quelques minutes sur la tête de Ziggler qui semblait en souffrir assez fortement. Résultat : il perd le combat et après seulement deux mois de règne sa ceinture.

Joli double turn. Alberto Del Rio, déjà pas très acclamé par la foule a agi comme un heel pendant ce match. Et comme si cela n’avait pas suffi, après être rentré en backstage le mexicain est revenu sur la rampe, comme pour prendre la température et improviser une promo de heel. Dolph Ziggler, déjà acclamé, ne peut sortir de tout ça que face. Il ne peut qu’en sortir avec les faveurs du public.

Le reste ne pouvait pas nous surprendre, pire : tout était prévisible. À l’image du match de championnat par équipe qui se jouait entre l’équipe Seth Rollins et Roman Reigns et celle de Randy Orton et Daniel Bryan. Prévoir non seulement la perte de The Shield et la victoire de l’équipe nommée sans honte RK-NO aurait été assez idiot. Evidemment après un match plutôt banal — bah oui, il y a Randy Orton dedans — The Shield conserve les titres.

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Pas surprenante non plus la victoire d’AJ Lee au titre des Divas, et même méritée. Le titre des Divas change vite de hanches et depuis le début de la rivalité AJ Lee semblait bien au-dessus. En plus le match était vraiment bon, et ça fait du bien. L’après match était par contre à la limite du gênant, une Kaitlyn faussement en pleurs, rejointe par Layla qui est venue la consoler.

Toujours pas surprenant, Dean Ambrose qui devait défendre son titre de champion des Etats Unis contre Kane un mois après l’avoir remporté. Un match moyen, presque un match de weekly, mais les styles de Kane et de Dean Ambrose sont loin de pouvoir faire des étincelles sur le ring, alors ce n’est pas un drame. Non là tout devait se jouer sur le final : Ambrose ne devait pas gagner clean, il faut montrer qu’il est heel et il ne fallait pas ridiculiser Kane, toujours booké comme l’homme fort. Résultat le count-out semblait la meilleure idée. Dean Ambrose reste champion et c’est bien. Il faudrait maintenant, l’été arrivant, le lancer sur une storyline solide, incluant le Shield entièrement pourquoi pas.

Dans la catégorie show stealer : CM Punk vs Chris Jericho. Le match que la WWE a booké pour s’excuser de la rivalité de Jericho avec Fandango. Typiquement le genre de match qui te fait kiffer d’être passionné de catch. Punk faisait son retour après quelques semaines de repos méritées, et à Chicago il est chez lui, alors forcément grosse ovation. On aurait pu s’attendre à beaucoup de choses, comme un double-turn annoncé par beaucoup, ou encore un CM Punk qui ne vient pas, mais on était à Chicago, cela aurait été assez vache. Beaucoup de gros spots, dont le CodeBreaker quand Punk a sauté de la troisième corde qui en a impressionné plus d’un — regardez les têtes de Robinson et Heyman à ce moment-là, priceless. Punk a gagné clean, pas très surprenant vous me direz. Ce qui est triste, c’est que Chris Jericho n’a toujours pas battu CM Punk, ça commence à être limite énervant.

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Et puis le main-event, tout aussi prévisible. Mais comment faire pour que John Cena garde le titre tout en continuant à booker Ryback comme un catcheur fort ? Ne pas booker ce match n’était pas dans les options, mais l’idée aurait été bonne. La dernière fois, la WWE avait eu recours au no-contest, mais elle ne pouvait pas nous faire deux fois le coup. Alors les officiels ont décidé d’un Three Stages Of Hell composé d’un Lumberjack Match (violent), d’un Tables Match (ouh la la, très violent), et d’un Ambulance match (bah ouais tu m’étonnes, on a bien besoin d’une ambulance après tout ça).

La première étape donc, c’est d’abord celle où beaucoup de mecs qu’on n’avait pas vu depuis des lustres sont contents de réapparaitre à la TV et en pay-per-view aussi — on ne va pas les citer ici, faut pas déconner. Mais c’était aussi celui où Ryback pouvait allègrement se défouler sur John Cena pour gagner. Ryback remporte cette manche et puis c’est tout. Mais voir John Cena perdre clean c’est déjà rare, fallait le noter. Heureusement — pour lui — il y a d’autres matchs derrière.

Deuxième manche, on passe aux choses sérieuses. Enfin façon de parler, déjà que ça ne dure pas longtemps et en plus parce que niveau construction c’est faible : Ryback domine la partie mais une fois le mécanisme de l’Attitude Adjustment enclenché on n’arrête plus John Cena. Qui gagne, évidemment.

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Et puis la troisième manche, l’ambulance match. Une ambulance démontable à la main d’ailleurs, je n’irai pas me faire soigner là-bas perso. Ça n’a pas duré bien longtemps non plus d’ailleurs, le temps de se taper vite fait sur le chemin vers l’ambulance — en faisant quand même un petit détour par la Spannish Announce Table —, le plus clair de l’action s’est déroulé autour du véhicule. Et vas-y que je te démonte la porte pour te frapper avec, que j’arrache l’aile gauche ou le gyrophare pour te l’envoyer dans la face. On s’est bien marré. Pour une raison inconnue Cena est monté sur le toit, Ryback l’a suivi et après quelques coups échangés le mécanisme du AA s’est réenclenché, faisant passer Ryback à travers le toit de l’ambulance. Une action d’ailleurs filmée d’en bas, surement par peur que ça rate puisque l’on nous a remontré l’action sous différents angles ensuite.

John Cena reste donc champion et ça ce n’était pas non plus une surprise. Le pay-per-view se termine ici et il est à l’image des pay-per-views du mois de juin, une sorte de charnière pour certaines storylines (Ziggler/Del Rio, Curtis Axel/Wade Barrett, Cena/Ryback) ou un passe-temps pour quelques catcheurs (The Shield, Daniel Bryan, Kane…).

La non-officielle Road To Summerslam est lancée et certaines animosités se font ressentir de plusieurs côtés, Triple H qui montre une certaine gêne à voir Vince McMahon féliciter Curtis Axel et The Shield au RAW suivant laisse penser que les choses vont s’envenimer dans les semaines à venir. Des tensions apparaissent entre CM Punk et Paul Heyman aussi. On a un été qui s’annonce sous le signe de l’action du côté des talents, espérons que la WWE ne gâche pas tout ça.

Photos : WWE.com

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